Marginal tænkning: 16. De blindes dans

"Cy commence la dance aux aveugles": Her starter de blindes dans.
Forfatteren, "L'acteur", ligger i sengen.
Blind død
La dance aux aveugles.
Døden med bind for øjnene.
Aveugles

La dance aux aveugles (de blindes dans) er skrevet af Pierre Michault omkring 1465.

Bogen kaldes også La danse des trois aveugles, fordi den er opdelt i tre afsnit: Blind kærlighed, blind lykke og blind død. Forfatteren følger dermed samme struktur, som Petrarca havde opfundet med sine seks triumfer 100 år tidligere.

Bogen starter med et billede af forfatteren, "L'acteur" (til venstre). Ligesom forfatteren af Les Loups Ravissans ligger han i sin seng, hvor han lige har modtaget sine drømme / åbenbaringer om de tre blinde ledere.

Billedet til højre viser den blinde død, og som man kan se, er der ikke langt fra "den blinde døds dans" til en dødedans. Bemærk også, hvordan Døden rider på en tyr, ligesom han gør i Les Loups Ravissans, La Vie de l'homme og Accidens de l'homme.

Det er ikke ualmindeligt, at Døden rider på en okse (vi har allerede set flere eksempler, f.eks. her). Faktisk er det typisk, at illustrationerne til Petrarcas bog om triumfer viser Dødens sejrsvogn blive trukket af okser, der skrider frem langsomt, men uafvendeligt. Ikke desto mindre var Emile Mâle ikke i tvivl om, at det var netop dette værk, Dance aux Aveugles, der var det første til at vise Døden på en okse, der plager menneskene med sin lange pil.(1) Det byggede Mâle bl.a. på, at det femte vers fortæller, hvordan Døden sidder på en okse (»Sur ce beuf«), der kommer frem skridt for skridt, uden hast og uden at løbe, men dræber de mest støjende med sin hårde pil.

Det der er påfaldende ved "La dance aux aveugles" er det store tekstlige sammenfald mellem denne bog fra ca. 1465 og La Vie de l'homme, der er næsten et halvt århundrede yngre.

I tabellen forneden indeholder venstre kolonne teksten fra "La dance aux aveugles", mens teksten og billederne til højre er fra La Vie de l'homme sat i en passende rækkefølge.

La Dance aux AveuglesLa vie de l'Homme

1: Je suis la Mort de Nature ennemye,
Qui tous vivans finallement consomme,
Annichilant en tous humains la vie.
Réduis en terre et en cendre tout homme.
Je suis la Mort qui dure me surnomme
Pour ce qu'il faut que maine tout a fin.
Je n'ay amy, parent, frere ou affin
Que ne face tost rediger en pouldre,
Et suis de Dieu a ce commise, afin
Que l'on me doubte autant que tonnant fouldre.

24: Je suis la Mort que maine tout a fin.
Je n'ay parent frere ne amy ne affin.
Que je ne face tost rediger en pouldre,
Et suis de Dieu a ce commis, a fin
.
Que nul ne soit tant soit rusé ou fin.
Que ne me doubte autant que tonnirre fouldre.
Hardouyn, Døden

2: Eve et Adam, puis leur creation,
En trespassant la divine ordonnance,
En commettant prevarication
Se submirent a mon obeissance,
En me donnant plein pouvoir et puissance
Sur eulx de fait et leur posterité
Pour les murtrir de mon auctorité.
Sy entray lors en paisible saisine
D'aneantir en tout humanité,
Boys, feuille, fleur, fruit, bouton et racine.

1: Eve et Adam, puis leur créacion,
En commettant prévaricacion,
Trépassèrent la divine ordonnance.
Par le serpent, plain de déception,
Quant à la pomme tirent oppression,
Tous les humains misdrent soubz ma puissance.
Hardouyn, Adam og Eva

3: Cayn me fit la premiere ouverture
En respandant le sang d'Abel son frere,
Qui lors fut mis premier sous couverture
De la terre qui estoit sa grant mere,
Car il sentit lors mon angoisse amere
Et de mon dart la pointure subite
Qui est sy grieve et mordente et despite
Qu'elle abat jus tout fort bras sagitaire
Et donne a tous, sans qu'ung elle en respite
Plus hideux cop que canon ou veuglaire.

2: Leur filz Cayn me fist premier hommage,
En réspandant le sang de son lignage,
Quant il occit Abel le bon et juste.
Par envie luy fist ce dur oultraige
Et luy brassa ce très cruel bruvaige
Dont en enfer est pugny, comme injuste.
Hardouyn, Kain og Abel

4: Ainsy doncques en possession mise
Pour de mes droits paisiblement user
Ay pris depuis a ma seule devise
Ceulx qu'il m'a pleu sans faindre n'abuser,
Et n'ay voulu affranchir, n'excuser
Bonté, Beauté, Vertu, Sens ne Vaillance
Que n'aye fait venir a ceste dance,
Generalment toute char naturelle
Qui fut jadis par desobeissance
Submise a moy et a ma loy mortelle.

3: Ainsi doncques en ma possession mise,
Ay prins depuis, à ma seulle devise,
Ceulx qui ma pleu, pour parfaire ma dance.
Dame nature est toute submise
A mon bon vueil, à ma propre devise,
Sans excepter ne beaulté ne vaillance.
Hardouyn, Soldater

5: Sur ce beuf cy qui s'en va pas a pas
Assise suis et ne le haste point,
Mais sans courir je mets a grief trespas
Les plus bruians quant mon dur dart les point.
Je picque et poins quant je congnois mon point
Sans aviser qui a assez vescu,
Et sy ne crains ne targe ne escu,
Car quant me plait, je poins et aiguillonne
Et ne sera jamais mon dart vaincu
Par royal sceptre ou florissant couronne.

4: Dessus ce beuf qui s'en va pas-à-pas
Assise suis et ne le haste pas,
Tout à mon aise je mors et aiguillonne
Les plus bruyans, sans reigle ne compas;
Soyent asseurés que ne les doubte pas,
Et fussent ducz ou roys portant couronne.
Hardouyn, Okse

6: J'ay mes hostilz et mortels instrumens
Pour mes exploits a cop enteriner,
Et sans viser a raisons n'argumens
Fais les vivans sans arrest deffiner;
Et n'est vivant qui sceust adeviner
Comme je prens maintesfois les humains,
Car j'ay moyens trop divers en mes mains,
Desquels pluseurs differenment sont mors
Et on souffert l'ung plus et l'autre mains
Les blessures de mes tresaigres mors.

7: Aage souvant a sa fluste et tambour(2)
Endort plusieurs entretant que je viens,
Et an a an, mois a mois, jour a jour,
Les faits passer sans les avertir riens :
Ils s'endorment sur les temporels biens
Et n'ont de moy souvenance ou memoire,
Ains estiment leur terrienne gloire
Tousjours durable, au moins incorruptible,
Jusques je viens qui fiers de ma chassoire
Pour leur donner effroy grief et terrible.

5. Aage souvent qui est viel et caducque,
Qui ablanchitt soit tant noire perruque,
Endort les gens entandis que je viens;
Il ne craignent haubert d'acier ne hucque,
Souldain j'approche, et sur leur corps je buque
Tout à ung coup, et renversés en fiens.
Hardouyn, Flok

8: Puis Accident a son cornet de vache
Qui a ung cry trop hydeux et soubdain
Murtrit plus gens qu'a espee n'a hache,
Qu'il submet tous au dangier de ma main.
On voit souvent du jour a l'endemain
Aucun vivant estre sain, dru et gras,
Qui tost est mort dormant entre deux draps,
Et ne scet on les moyens conspirer,
Ung autre aussy enhuy tres fort de bras
Qui tost sera sur le point d'expirer.

9: Dieu plusieurs fois en vengeance cruelle
Donne aux pecheurs vivans dessus la terre
Par leurs pechiés discention mortelle
Que l'on nomme plus expressement guerre.
Et ceste cy tant de vivans aterre
Que mon dart est tout taint en rouge sang,
Et quant aucun en eschappe tout franc,
Il a respit, mais il est court et brief,
Car puis après, quant je cerche le rang,
J'assiez sur luy mon dart par un cop grief.

6: Dieu plusieurs foys, en vengance cruelle,
Donne aux pécheurs dissencion mortelle
Pour leurs mesfais, laquelle on nomme guerre,
Et ceste-cy tant de vivants martelle
Que mon fier dart est plus cler que estincelle
En est tout rouge, plus ne s'en faut enquérre.

Hardouyn, Soldater

10: Autre pays est puny par famine
Pour les pechiés ou du peuple ou du prince :
Par ce moyen je ronge, mors et mine
Pluseurs terres, regions ou province,
Et tant en prens, tant en romps, tant en pince
Qu'on ne le peut nombrer, dire ou escrire;
J'en gaste a cop ung royaulme, un empire;
Qui sont contrains a povrement morir,
Et n'est qui puisse a mon dart contredire
Pour languissans en ce cas secourir.

21:(3) Aucun pays est puni par famine.
Par le peche ou du peuple: ou du prince.
Par ces mors cy ou tousiours ronge et mine.
Plusieurs terres, regions, ou province.
Et tant en prens tant en rons tant en pince.
Qu'on ne les peult nommer, dire, ou escrire.
Hardouyn, Hungersnød

10: Autre pays est puny par famine
Pour les pechiés ou du peuple ou du prince :
Par ce moyen je ronge, mors et mine
Pluseurs terres, regions ou province,
Et tant en prens, tant en romps, tant en pince
Qu'on ne le peut nombrer, dire ou escrire;
J'en gaste a cop ung royaulme, un empire;
Qui sont contrains a povrement morir,
Et n'est qui puisse a mon dart contredire
Pour languissans en ce cas secourir.

7. Par famine fais les autres destruire,
Dieu tout-puissant tant que nombrer ou dire
Impossible est. Brief je fais tout mourir.
Nul n'est qui peult à mon dart contredire,
Ne résister à si cruel martyre,
Pour languissans en ce cas contredire(4).

Hardouyn, Le

11: Et plusieurs fois ma tres bonne chambriere,
Mortalité, est en terre transmise,
Qui mains milliers en fait couchier en bierre
Par les explois qu'elle tient en franchise.
Humanité est a elle submise
Et soubs son jou a incliné le chief;
Elle lui fait maintes fois grant meschief,
Diminuant rudement ses suppos,
Et pour avoir de ses subjectz le fief
Elle abat tout sans aviser propos.

8: Mortalité, ma bonne chambrière,
Qui mains milliers en faict coucher en bière,
Souvent en terre, par luy si est transmise.
Je la tiens chère ; c'est ma propre bannière;
Mon vrai guidon pour tenir la frontière.
Nature humaine est à elle submise.

Hardouyn, Seng

12: Plus le moyen de ces trois verges dures
Plus cruelles que devorans lyons,
J'ay eu jadis d'humaines creatures
En plusiurs lieux infinis millions;
Et tant defait , que maintes Regions
Sont a prefent par ce inhabitées,
Qui de mon dart ont esté sagitées,
Et depuis n'ont eu secours ni ressource:
Conte ne fais de vies limitées,
Quand pour punir le Createur se cource.

9: Par le, moyen de ces trois dures verges,
De mon royaulme et châtelainies et concierges,
Plus cruelle que bêste léonine,
Je engloutis hommes laitz, lettrés, vierges;
Et en leurs mains fais tenir plusieurs cierges,
Par guerre et mortalité, famine.

Hardouyn, Tre venner

13: Comment aussy ma loyale servante,
Maladie, rue jus plusieurs corps,
Mais de tuer tousjours pas ne se vante,
Ains eschappent aucuns d'elles pour lors,
Et nonobstant qu'ils ne sont par ce mors,
Sy n'ont ils pas souvent moult long respit,
Car tost après, par un tres grant despit,
Soubdainement je les frappe et renverse,
Et n'ont loisir de languir en leur lit,
Puisque je fiers d'estoc a la traverse.

:(5) Jay maladie ma loyalle servante
Qui de tuer pas tousiours ne se vante
Car a plusieurs elle donne respit.
Celuy pourtant ia trop tot ne se vante.
Car tout souldain sans faire long ne attente.
Je les tresperce par ung cop trop subit.
Hardouyn, Seng

14: Car Accident qui ne dort ne sommeille,
Ains est tousjours en aguet, en embusche,
Plusieurs murtrit, vainc, occit et traveille,
Et par moyens trop divers il les huche :
L'un chiet en l'eau, l'autre de hault tresbuche,
L'un meurt de chault, et l'autre meurt de froid,
L'autre a le cuer de doleur trop estroit
Et meurt de dueil, l'autre meurt par poison,
L'un meurt a tort et l'autre meurt a droit
Par Accident qui en donne achoison.

10: Je d'autre part, qui jamais ne sommeille,
Accident qui les humains traveille
En plusieurs sortes et diverses façon.
Par feu, par eaue, par chùte, c'est merveille!
Puis par poison soit blanche, soit vermeille
Dont accident en est vray eschançon.

Hardouyn, Tårn

15: Puis ces brigans, meurtriers, larrons des bois,
Amys de mort et serfs diaboliques
Par Accident font mains cruels exploits,
Lesquels j'appreuve et tiens pour autentiques :
Ils tuent gens par voyes trop obliques
Et murtrissent maintes fois innocens;
J'en ay par eulx tous les jours plusieurs cens
Qui sont a moy piteusement rendus,
Et tost après par bon droit je consens
Que les larrons soient tous mors et pendus.

11. Puis ces brigands, larrons, meurtriers iniques
Amys de mort et serfz dyaboliques,
Car par leurs mains plusieurs me sont rendus.
Leur fait aprouve et tiens pour autentique;
Mais nonobstant, je consens par pratique
Que les larrons soyent au gibet pendus.

Hardouyn, Kniv

16: Car Justice, qui souvent m'anticipe,
Pluseurs larrons fait a ses gibets pendre.
Et les depart l'ung de l'autre & dissipe,
Pour les faire venir en mes mains rendre.
Et se je vueil lors mon povoir estendre,
L'ung est noyé l'autre est decapité;
L'autre en espoir pour un temps reputé,
Pardon de Prince ou par autre aventure;
Mais tost apres sans mercy ne pité,
Je les tresbuche en terre & pourriture.

12: Car justice, qui souvent m'anticipe,
Larrons départ, l'ung et l'autre dissipe,
Pour les faire venir en mes mains rendre.
L'ung, par la corde, le bourreau émancipe;
L'autre est noyé, par ainsi je l'agrippe;
Car, en la fin, fault que compte on me rende.

Hardouyn, Galge

17: Puis Accident en ses bateaulx marins
Fait trebuschier pluseurs gens et perir,
En exitant hideux vents aërins,
Ou l'ung ne peut a l'autre secourir,
Et autrement il en fait tant morir
Par mer, par terre, en villes et en champs
De nobles gens, gens d'église et marchans
Qu'il n'est vivant qui en pensast le nombre,
Et plusieurs fois meurent mats et meschans
Ceulx qui ont eu par Accident encombre.

18: Ainsy doncques mes Menestreux sy gens
Par leur beau jeu & attirant maniere,
Finablement sont venir toutes gens
Ceans dancier a la Dance derniere:
Et je mets tout en recluse tainniere.
Faisant paier le tribut naturel
Qui est assis sur tout homme mortel,
Pour le reduyre à sa fin corruptible;
Car puisqu'il est submis a un jou tel,
Il fault qu'il ait enfin ung cop horrible.

20: Sà menestriers, sans vous tenir arrière,
Par vos beaulx jeulx et attréant manière
Autour de vous attréez toutes gens,
Vous dancerez a la dance dernière!
Or, approchez, vous sçaurez la manière.
Quel note dancent ceulx qui viennent céans!

Hardouyn, Troubadour

19: Et mes exploiz ne restrains ou modere
Pour vaillance, noblesse ne haulteur.
J'estains a cop, sans ce que riens differe,
Beauté, Savoir, Force, Sens et haut Eur,
Prenant autant le Roy ou l'Empereur
Que le plus serf, point n'y fais différence,
Car je ne crains honneur, preeminence,
Lignage, sens, richesse ou hardiesse,
Ains faiz souffrir a tous la penitence
Du poignant dart que pour tuer je dresse.

13: Et mes explois nullement ne retrains.
Pour vaillance, noblesse, hault trains,
Beaulte scavoir, force, sens ou valeur.
Autant le roy que l'empereur j'atteins;
Car pour certain: nul homme je ne crains,
Quant de mon dard je frappe par fureur.

Hardouyn, Kardinal

20: Les fortunez et les mondains eureux
Sont maintesfois premiers en mes greniers,
Et meurent matz, doulans, craintifs, peureux,
Et desplaisans d'eslongner leurs deniers;
Ces amoureux ne laisse pas derniers,
Car je les faiz a ma dance venir,
Et a regretz mes durs cops soustenir,
Pour demonstrer que mon pouvoir surmonte
Tous les deduiz qu'autres peuent tenir,
Et sy ne tiens ne d'Amours ne d'Eur conte.

14. Les fortunéz et les mondains eureux,
Fais maintes fois dolents, craintifs, poureux,
Quant de mon dardt si cruel les surmonte.
Pas en oubli ne mets ces amoureux:
Mais en ma danse, je les fais possesseux,
Car je ne tiens ne d'amours ne d'eux compte.
Hardouyn, Troubadour

21: Je faiz ternir a cop beauté mondaine
Et toute odeur tourner en puant fiens;
Je faiz tarir de force la fontaine,
Et faiz pourrir tant les gens que les chiens;
Fresche coleur faiz retourner en riens,
Le sang muer et les veines restraindre,
Rompre les nerfs et clere voix estaindre,
Les sens morir, les yeulx perdre lumiere,
Et quant je veuil de mon dart fort actaindre,
Il n'est s'y fort que ne renverse en biere.

15: Je fais tarir à coup beaulté mondaine:
Je fais tarir de force la fontaine;
Je fais pourrir les gens ainsi que fiens.
Freche couleur je réduis lâche et vaine.
Le sang muer et éstreindre la vaine.
Brief, je consomme tous plaisirs terriens.

Hardouyn, Konge

22: Ces corps bien fais, ces féminins visaiges,
Dorelotez par tout mignonement,
Paintz et fardez, reluisans comme ymaiges,
Je faiz fletrir et puyr laidement;
Et par mon dart en ung tout seul moment
Faiz rediger une dame joyeuse
En grant laideur trop horrible et hideuse,
Donnant aux vers la char tant bien nourrie
Qui est par moy mise a fin tres piteuse
Pour retourner en matere pourrie.

16: Ces corps bien fais, ces féminins visaiges,
Paints et fardéz, reluisans comme images,
Fais rédiger en matière pourrie.
Par ung seul coup, très cruel et vorage,
Aux vers de terre donne leur pâsturaige
La blanche chair si tendrement nourrie.

Hardouyn, Kvinde

23: Donnant ainsy mes doloreux assaulx,
Fais oblier tous les états mondains,
Et par telz heurs a mes marris vassaulx
Oste l'espoir de Dieu et de ses sains,
Car quant il sont sevrez entre mes mains,
Le pas mortel par sa dure rigueur
Leur donne angoisse et extreme langueur,
Tant et sy fort qu'ils perdent souvenance,
Par quoi memoire est hors de sa vigueur
Et Dieu est mis souvent en obliance.

17: Donnant ainsi mes douloureux assaux
Fais oublier aux nobles et vassaulx
Biens et honneurs, terrienne bo[m]bance:
Pareillement, par mes cruels travaulx,
Fais bien commettre de si énormes maulx.
Que dieu souvent est mys en oubliance.

Hardouyn, Bord

24: Je fais aux bons le chemin et passage
Pour les guider jusques au lieu de joye;
Les conduisans droit a leur heritaige,
Ainsi que fait pelerin la montjoie,
Mais aux malvaiz je despeche la voye
Par ou ils vont en eternel supplice;
Faisant doncques l'exploit de mon office
Maine chascun ou lieu de sa desserte;
Soit de vertu ou soit de malefice
Ils ont par moy ou la gaigne ou la perte.

18: Je fais aux bons leurs chemins et passages;
Aux mauvais montre que n'ont pas ésté saiges,
Chacun maine au lieu de sa desserte;
Les bons conduis à leurs droi[t]s héritaiges;
C'est mon office, car selon leur truages,
Il[s] ont par moy ou la gaine ou la perte.
Hardouyn, Eremit

25: Tout homme est nez pour morir une fois
Vez la le metz et la fin de ses jours;
Mais plusieurs sont qui cuident toutes fois
Fuyr mes mains par variables tours,
Et font amas, pensant vivre tousjours,
Acquierent biens et font grans edifices,
Veulent regner et avoir grans offices;
Mais quant je viens, a cop les desherite,
Et n'ont enfin de tous leurs artifices
Rien pardurable, excepté le merite.

19: Tout homme est né pour mourir une fois:
Mais plusieurs sont qui cuident toute foys
M'éschaper et de moi êstre quittes:
Grands biens acquièrent et force éscus de poy[d]s,
Font édifices: cela ny vault tournois,
Car perdurables; n'ont sinon leur mérites.
Hardouyn, Ågerkarl

26: Dancez doncques vivans a l'instrument,
Et avisez comme vous le ferez;
Apres dancier venrez au jugement;
Auquel estroit examinez serez :
Et la tout prest le juge trouverez
Que de vos faiz vous rendra le salaire :
Qui bien aura dancié pour lui complaire
Aura ung pris riche et inestimable;
Le mal dançant aura pour satisfaire
Feu eternel, puant, abhominable.

26: O vous humains qui voyez cette dance,
De bien dancer ayez en souvenance.
Au jugement examinés serez
De vostre juge, qui est cy en présence:
Se bien dansez vous aurez récompense,
Se dansez mal, bien cher l'achèterez.

Hardouyn, Dommedag

Men ikke nok med, at hvert eneste vers i La Vie de l'homme skylder noget til La dance aux aveugles. Rækkefølgen er i grove træk også den samme.

Lad os se på undtagelserne.

  1. I "Dance aux Aveugles" kommer Døden først — ligesom i enhver anden dødedans, hvorimod Døden kommer til næstsidst i "Vie de l'Homme". Bortset fra eksemplaret i University of Pennsylvania, hvor sekvensen kommer to gange, og Døden er klemt inde imellem de to gentagelser.
  2. Vers 21 kommer ude af sekvens. Her skal det huskes, at det er mig, der har givet verset nummer 21. Det har jeg gjort, fordi det er her, vi finder det i de to eksemplarer, der har det med, Både Poitiers' og Rumæniens eksemplar har det lige før vers 22 (»Aage souvent«).

    Det er også mig, der har givet et andet vers nummeret 9½. Verset optræder kun i anden omgang i eksemplaret i University of Pennsylvania's eksemplar, og her kommer det lige før billedet af tårnet, nr. 10.

  3. Den værste undtagelse må være vers 20 »Sà menestriers«, der kommer alt for sent i La Vie de l'Homme.

Her har vi en oplagt kilde til La Vie de l'homme: Alle 23 vers er baserede på La dance aux aveugles. En pudsig detalje er, at to af de tre vers, der ikke fandt nåde, handler om Accidens. Det er især interessant i forhold til, hvor lidt Accidens optræder i det værk, der hedder Accidens de l'homme.

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Lad os nu vende tilbage til marginalerne.

Eksterne links

Fodnoter: (1) (2) (3) (4) (5)

Mâle skrev:

»C'est son poème, je n'en doute pas, qui a donné à quelques artistes l'idée de représenter la Mort montée sur un bæuf, et menaçant les hommes d'une longue flèche«.

Kilde: L'art religieux de la fin du moyen âge en France, side 378, af Emile Mâle. Se det eksterne link.

I dette tilfælde har jeg valgt at kopiere linien fra et originalmanuskript i BNF (se link nederst på siden).

På resten af siden følger jeg teksten fra den trykte bog (se link nederst på siden), men i dette tilfælde har bogen teksten: »Eaige sonnant sa fleuste & son tambour«, mens både manuskriptet og den kalender, vi skal kigge på om lidt, har »Aage souuent«

Her skal det siges, at »sonnant« og »souuent« ikke bare lyder ens. Middelalderens typografer kunne let vende om på U'erne og N'erne, og så er der ikke langt fra »sonnant« til »souuent« (som jeg laver om til »souvent«, fordi jeg erstatter "u" med "v", hvor det letter forståelsen).

Vie de l'Homme Dette vers er specielt ved, at det kun optræder i eksemplarerne i Poitiers og Rumænien.

Det er også specielt ved, at det deler indholdet af vers 10 i "Aveugles" med et andet vers (vers 7) i La Vie de l'Homme.

Det skal huskes, at det er mig, der har givet verset nummer 21. Det har jeg gjort, dels fordi der mangler tre vers i Mermet's eksemplar (idet vers 21-23 er gentagelser af tidligere vers), og dels fordi det optræder på denne position i Poitiers' eksemplar: Mellem vers 20 (troubadourerne »Sà menestriers, sans vous tenir arrière«) og vers 22 (»Aage souvent«, der er en gentagelse af vers 5).

Omvendt taler motivet, Døden med et vissent kornneg, for at verset skulle bringes lige inden vers 9 (Døden med leen), ligesom dette billede gør i University of Pennsylvania's eksemplar. Det ville også passe fint med, at disse to vers deler indholdet fra samme vers af Dance aux Aveugles.

Det virker lidt sjusket, at der står "contredire" 2 gange.

I det eksemplar, som A. Méray skriver af fra (i "Archives du bibliophile"), står der "se roidir"

Nummereringen er naturligvis lidt usikker, da verset kun optræder i anden omgang i eksemplaret i University of Pennsylvania's eksemplar. Men da det kommer lige før billedet af tårnet, nr. 10, er ni-en-halv ikke noget dårligt gæt.

Op til afsnit om tidebøger